Bonjour les amis !

IL Y A UN MOIS ET DEMI DEJA, PRES DES SOURCES DU DANUBE

Il y a un mois et demi, mi-juillet, nous étions arrivés à ULM, au centre sud de l’Allemagne, à 100 km environ des sources du Danube. Les 3 premiers jours, nous y avions trouvé nos marques dans un camping familial où se mêlent tentes, vélos et canoës et résolu des problèmes techniques du quotidien.

VACANCES FAMILIALES « PRESQUE » NORMALES

Puis la mère d’Isabelle et les filles de Damien (Léna et Solène) nous y ont rejoint pour quelques jours de vacances, entre bains dans le Danube, vieille ville pavée et animations d’été, des « vacances presque normales » ! Nous sommes tristes de ne pas pouvoir se voir plus le temps du voyage.

Le lendemain du départ de la mère d’Isabelle, nous avons la joie de participer au magnifique carnaval du Danube, une fête extraordinaire qui fait venir des jeunes (et moins jeunes) de toute la région !

Alors que nous désherbons le camping en échange de notre séjour, le gérant vient nous proposer des bouées en chambres à air pour participer au carnaval sur l’eau, super !

Apres quelques hésitations, nous partons tous les 5 avec Auriane (sur le ventre de Damien lui-même allongé dans sa bouée) nous laissant porté par le courant au milieu des radeaux auto-construits supportant toboggans ou tables de piquenique, des bouées gonflables en forme de licornes, etc… Un régal de rires et d’insouciance pour tout le monde. Auriane a bien sur A-DO-RE et continue tous les jours, toute la journée, de nous demander (oralement et plus seulement avec les mains) des « bateaux » et des « pagaies ».

Puis nous voulions faire découvrir le cyclo-camping aux filles de Damien pendant quelques jours. Pour trouver les vélos, nous avions fini par simplement accoster des jeunes papotant sur les plages herbeuses du Danube d’ULM, leur expliquer notre histoire et notre recherche, et leur proposer de l’aide (ménage, réparation …) en échange de 2 vélos pour une semaine. Les jeunes sont passionnées par nos histoires, notamment celles qui concernent Auriane, et sont ravies de pouvoir nous dépanner avec des vélos qu’elles n’utilisent de toute façon pas. J’insiste pour leur laisser ma carte d’identité pour que la crainte du vol ne commence pas à les habiter à mesure que les jours passent loin de leurs vélos. Elles refusent toute aide en échange du prêt mais Damien améliore l’état général de leurs vélos et nous leur laissons une pompe et un porte bagage que nous avions eu besoin de monter de toute façon pour le voyage avec les filles.

Une fois les vélos empruntés, réparés, ajustés et apprêtés, nous remontons tous les 5 le Danube comme nous l’avions fait une semaine plus tôt dans l’autre sens à 3. Les filles ont simplement sanglé leurs gros sacs de randonnée sur les portes-bagages et leurs duvets aux guidons.

Malgré leurs réticences elles sont en fait très à l’aise, nous dépassent dans les cotes et veulent pédaler plus que les 20km par jour que nous avions imaginés. Le paysage montagneux du bord du Danube est toujours magnifique et le beau temps est encore au rendez-vous.

De retour a ULM, nous terminons les vacances en beauté avec 10 km de « paddle » sur le Danube (sauf pour Isabelle qui a pour une fois depuis des mois 2h « pour elle »).

Et c’est déjà le temps pour les filles de rentrer en France en train !

MAËL PEDALE AVEC NOUS

C’est alors leur frère, Maël, qui nous rejoint. A 21 ans, il est « éclaireur » (scout) et bricoleur depuis son enfance donc particulièrement dégourdi. Il nous rejoint en Flexibus en transportant en soute son vélo dans un grand carton après l’avoir partiellement démonté. Nous avons soif de repartir, avec lui, découvrir de nouveaux horizons et poursuivre notre voyage qui nous mènera un jour jusqu’à l’Australie. En attendant, nous irons jusqu’à la frontière autrichienne avec Maël, ou un autre bus européen l’attend 12 jours plus tard !

En quittant ULM, l’EuroVélo 6 se poursuit, pas toujours à cote du Danube mais toujours sans voiture, entre forets petites villes et campagnes, routes asphaltées et chemins de terre.

Grace aux conseils d’un jeune couple rencontrés à ULM, nous arrivons le premier soir au bord d’un lac, rempli de l’eau limpide du Danube ou il est facile de rentrer grâce à la plage en pente très douce. Pour parfaire cet espace de loisirs, des jeux pour enfants et toilettes publiques ont été installés. Nous profitons de la baignade, des jeux, des

bébés et des enfants, l’après-midi puis tout le lendemain matin.

La nuit, le bivouac étant probablement interdit, nous sommes seuls à rester, à l’abri des regards derrière un bosquet. Maël n’a pas de tente, il aime dormir à la belle étoile, voyager léger et éviter de passer du temps a monter et démonter la tente. Il s’enroule simplement avec ses affaires dans une bâche, avec éventuellement seulement le bout du nez de sorti. Pendant notre première semaine de voyage en mai, il nous accompagnait déjà ainsi, et ne s’était même pas rendu compte qu’une nuit il avait plu !

10 JOURS DE VOYAGE ENSEMBLE

Comme Maël est costaud il récupère la carriole d’Isabelle pour la soulager quelques jours. Mais son vélo, un VTT avec suspension, est très « souple ». Trop souple par rapport à la charge à tracter… Suite à une manoeuvre optimiste, l’axe de sa roue arrière qui supporte les attaches de la carriole, casse, entraine Maël à terre et tord la pâte de dérailleur. C’est au moins l’occasion pour Damien et son fils de bricoler ensemble en profondeur : réflexions de mécanique, soudure en zone industrielle d’une grande ville, réparations dans un gigantesque magasin pour vélos d’INGOLDSTADT… En attendant les villes, les hommes trouvent des solutions provisoires grâce aux outils et matériel que Damien avait prévus.

Malgré ces gros contre-temps, malgré la canicule et malgré les déviations si grosses qu’elles nous en font « perdre le nord », nous arrivons a rester à peu près dans les temps pour le bus. Au pire, Maël est capable, seul, de parcourir 60 km en une journée et pourrait donc aller attraper son bus sans nous si cela était nécessaire.

En attendant, les jours passent et ne se ressemblent… pas du tout ! Nos journées sont remplies des casses et réparations, de notre quotidien aléatoire et providentiel de glanage, de recup’ alimentaire et de cuissons au réchaud économe – samovar (« kelly kettle »), de baignades sauvages et agréables en espaces naturels, de jeux et rencontres pour Auriane, de nuits douces sous la lune…

DEUX JOURS PARMI D’AUTRES

Un samedi par exemple, après avoir dormi en ville sur une plage herbeuse d’INGOLDSTADT nous passons la fin de matinée au marche estival ou nous récupérons beaucoup de fruits, légumes et fromages en échange de nos histoires (qui pour une fois ont l’air de profondément intéresser pas mal de monde, assez disponibles en temps et « dans leurs têtes », ce qui nous réjouit) et en échange du rangement d’un des stands.
Puis nous passons le début d’après-midi entre la sieste d’Auriane, dans sa carriole comme souvent, et les réparations de vélo au gigantesque magasin de vélos, avant de filer 20km plus loin seulement à un « camping » gratuit qui consiste simplement en un grand espace plat le long du Danube dans la nature avec un préfabriqué contenant une douche et une toilette très propres.
Le soir, nous y cuisinons beaucoup, profitant de toute la nourriture récupérée, et y rencontrons des familles en vacances et des jeunes faisant une halte dans leur descente du Danube en bateaux gonflables à l’occasion du week-end. Parmi ces jeunes, un couple en quête de voyage nous rattrapera à vélo 2 semaines plus tard sur la route par hasard, faisant route jusqu’à l’Azerbaïdjan !
Le lendemain matin, dimanche, les jeunes gonflent leurs bateaux, canoës et bouées farfelues pour se laisser porter tranquillement par le Daunbe, non sans avoir charger les embarcations de nombreuses bouteilles de bière.
Pendant ce temps nous pédalons sous un soleil de plomb entrainés par les déviations plus ou moins vallonnées de l’Eurovelo 6. Le midi, nous revoilà sur le Danube, le bon moment pour un pique-nique. D’en haut nous voyons des baigneurs, des bouées qui suivent le courant, un ski nautique artisanal consistant à surfer le courant sur une planche de bois en se tenant à une corde accrochée à un arbre… et puis revoilà les jeunes de ce matin sur leurs bouées ! Toujours sans même pagayer ! Ils sont allés aussi vite que nous mais sans le moindre effort et avec un Danube qui descend pourtant bien lentement…
Et nous ? Si nous construisions un radeau pour laisser porter nos vélos ? Auriane adorerait aussi c’est sur !! Mais comment passer les barrages ? Avant chaque barrage il faudrait accoster, redescendre les vélos, les carrioles, passer à pied les impressionnants barrages et descendre très chargés les très longs escaliers escarpés pour redescendre de la rive jusqu’au Danube, sans ponton bien sur, et remettre le radeau d’aplomb… hum pas si simple…
Apres le déjeuner nous allons 100m plus loin faire découvrir à Auriane les joies du courant à pieds. Car dans ce joli virage du Danube l’eau coule puissamment tout en arrivant longtemps seulement jusqu’aux genoux d’Auriane. Quelques bus amènent des touristes car l’Abbaye de Weltenbourg situées dans ce creux du Danube, dans la falaise, en font un site à la fois naturel, historique et romantique.
Pour rejoindre la prochaine ville, nous avons le choix entre deux directions. Seulement 6km nous en séparent mais pourtant nous passons du temps a hésiter. D’un coté, nous passons dans des forêts qui surplombent la falaise, avec une indication « attention côte raide ! » sur le panneau indicateur. De l’autre nous devons trouver une embarcation pour traverser le Danube. Apparemment les embarcations seraient trop petites pour tout notre chargement, nous n’avons pas d’argent et de toute façon nous ne sommes pas contre un peu de route en forêt, quitte à ce que ça monte un peu.
C’est parti pour les montées ! Un peu, beaucoup, passionnément… eurf eurf… de plus en plus raide, de moins en moins d’asphalte… heureusement que Maël est là pour aider Isabelle ! Heureusement qu’Isabelle a récupéré la carriole orange car elle aurait certainement casser à nouveau son attache et le vélo de Maël avec les cailloux ! En particulier tous ces cailloux roulant dans les descentes encore plus raides que les montées… Burf seul Maël se régale de ce magnifique parcours de VTT ! Et oui c’est bien du cycloVTTcamping que nous faisons parfois… Quelle idée avec tout notre chargement…

Et nous voilà maintenant sur la levée d’un large et profond canal du Danube, où l’on observe les premières énormes péniches du Danube, les unes très sobres pour le transport de pierres ou autres matériaux, les autres d’apparence luxueuse, et bien vide, pour les touristes.
Nous bivouaquons finalement à l’abri des regards de rares passants entre des bosquets d’arbres, entre les côtes agréables du Danube, un terrain de foot ombragé mais désert et une étable et ses veaux. Encore une journée un peu trop remplie …

NOURRITURE ET ETRANGERS

Concernant la nourriture, nous découvrons que sur notre route en Allemagne les boulangeries ne sont souvent que des magasins de vente, appartenant à des filiales qui apparemment récupèrent toujours les invendus de fin de journée ! Une mauvaise surprise par rapport à la France ou nous n’avons jamais manque de pain. Dommage car le pain allemand est souvent bien noir, bien complet, et délicieux ! On nous refuse aussi de donner le moindre coup de main ou d’avoir de la nourriture qui part a la poubelle. Il y en a peut-être parfois moins qu’en France. On trouve encore parfois des poubelles de supermarchés submergées de beaux fruits et légumes, mais c’est souvent trop peu diversifié pour subvenir à tous nos besoins.

Heureusement nous sommes parfois accueillis (ou « recueillis » devrais-je dire !) dans des restaurants, presque toujours étrangers, pour un repas cuisine, différent, confortable … Et parfois vraiment délicieux comme ce restaurant turc où c’est une serveuse hautement interloquée par notre histoire qui décide de nous offrir 3 belles assiettes de riz viande et sauce car son chef refusait de nous laisser aider ou même de nous laisser accéder aux restes, malgré l’insistance de cette serveuse très convaincue.

Mieux encore, les gérants des kebabs nous offrent systématiquement à manger, par culture, par solidarité, par humanité. Ce sont donc pour nous des oasis ou nous savons que nous pourrons enfin manger si besoin. Quelle gratitude nous ressentons pour eux tous ! Même si nous imaginons que la viande n’y est en général pas de bonne qualité, les kebabs sont bien équilibrés ici, avec beaucoup de chou rouge, d’oignons et de tomates. Nous y rencontrons, comme dans les aires de jeux, souvent des syriens ou des afghans, souvent gais malgré leurs parcours de vie impossible à concevoir pour nous et leurs parents restés au pays. Mais nous sommes heureux de parler de « la Vie » ensemble et partager nos expériences… Nous expliquons à certains que nous détestons le colonialisme et la guerre au point que nous apprenons à vivre sans pétrole, sans uranium et sans déchet nucléaire depuis quelques années notamment car « pétrole = guerre » et « nucléaire = guerre ». Nous avons aussi choisi les drapeaux bretons et aborigènes d’Australie plutôt que ceux de la France et de l’Australie pour ne pas promouvoir la France et l’Angleterre, parmi les plus grands colonisateurs de l’Histoire.

Nous adorons les aires de jeux allemandes, variées, fantaisistes, ombragées, adaptées au terrain ou elles sont installées, où on trouve presque toujours de grosses branches de bois ou entrainer son équilibre, une fontaine culminant une pente pavée et des espace de sable, et éventuellement des moulins, barrages, pelles à bras… en plus de cabanes de filets, toboggans et balançoires bien sur ! Dans les aires de jeux, nous rencontrons souvent des réfugiés issus de pays dans lesquels « la France » a généré ou entretenu de très graves instabilités et vendu des armes mortifères.

Pour le moment, les seuls parents que nous ayons vus « assis les fesses dans le sable » à jouer avec leurs enfants sont une mère du Kosovo et un papa afghan, tous deux très impliqués dans le jeu et pour une fois pas forcement avec des ustensiles en plastique mais seulement avec des mains créatives. Plus généralement, avouons que ce sont encore souvent surtout des « immigrés », enfants et parents, qui courent, sautent et jouent avec vitalité, tandis que des enfants parfois déjà très gros s’avachissent, comme nous adultes, sur les bancs ou le bord des bacs à sable, éventuellement avec une boisson sucrée, des gâteaux, bonbons ou une Nième glace à la main.

ALTERNATIVES EN ALLEMAGNE ?

Nous continuons aussi de temps en temps -par curiosité ou intérêt direct- nos recherches de réseaux alternatifs dans les villes. L’Allemagne est très riche en vélos (souvent électriques), pistes cyclables et… cyclistes ! On trouve aussi régulièrement des poubelles à déchets organiques (restes de repas, pleins d’eau, qui brulent donc très mal en incinérateur !) et diverses initiatives écologiques. Les maisons et le reste semblent assez souvent aménagés de façon plus fantaisiste qu’en France (ne laissant donc pas toute la place aux inventions fabriquées par des machines), une émancipation personnelle due à leur éducation, peut-être, qui nous permet de voir de nombreux « détournements » comme les conteneurs servant de locaux, des cabanes de branches dans des jardins, des enjolivements créatifs de nature n’importe où… Donc certaines choses considérées comme des « alternatives » vues de la France sont parties intégrantes de la vie « normale » de villes et villages que nous avons traversés. Mais comme tout pays mondialise il reste bien sur encore bien du pain sur la planche !

REGENSBURG qui est une ville en transition est par exemple riche en autres alternatives : « frigos » partagés ou chacun peut déposer ou prendre de la nourriture (« frigos » propres et sans électricité que nous avons beaucoup appréciés et utilisés dans les deux sens pendant 2 jours !), restauration vegan répandue, magasins de produits de seconde main, cafés d’artisanat local et d’échanges de savoir-faires, monnaie locale… Voilà quelques rapides observations faites au hasard, pas une analyse générale ! 🙂

FIN DU VOYAGE EN ALLEMAGNE

Et après 10 jours de (trop) beau temps avec Maël sur les routes de la providence, nous voila le soir à 60km peut-être du point final ensemble, PASSAU, à la frontière autrichienne. Mais les surprises ne peuvent pas s’arrêter en si bon chemin ! L’orage s’abat tranquillement sur nous à partir de la fin de la nuit. Maël a senti le risque de pluie, chercher, mais pas trouver, comment suspendre une bâche au dessus de sa tête pour la nuit. Résultat, au matin il vient s’abriter un peu dans notre tente mais son duvet et son unique pull sont trempés « jusqu’aux os ». Il décide d’arriver coute que coute à PASSAU aujourd’hui. Nous ferons de notre mieux aussi, mais une ultime déviation nous mène sur des routes collantes, pleines de flaques sales et de cailloux, et nous sommes trempés par la pluie qui ne s’est arrêtée ni pour le rangement de la tente ni pour nos premiers kilomètres.

Nous nous retrouvons avec Maël et un autre couple de cyclos sous un grand abri bus, enfin à l’abri, manger quelques uns des bonbons que Maël avait trouvé, tout en essayant de trouver quelque chose de sec à se mettre, avant de repartir en espérant que la pluie cesse pour de bon. Et c’est le cas, ouf !

Et la fin de la route pour PASSAU est superbe, nous apercevons déjà depuis longtemps des montagnes à l’est nord est qui marquent probablement la frontière avec la République Tchèque, et la voilà cette montagne boisée qui se rapproche de l’horizon jusque sous nos roues, rendant la vallée du Danube de plus en plus encaissée, de plus en plus jolie. Un imposant barrage de briques rouges nous rappelle la guerre à l’entrée de PASSAU, mais sinon la vieille ville sur l’ile est superbe.

Maël dort à l’auberge de jeunesse, lave ses affaires, prépare un carton pour essayer de vendre son vélo, un autre pour le rapporter dans le bus en cas d’échec. Mais finalement aucun des deux cartons ne sert puisque Maël se fait voler son vélo la nuit au pied de la côte de l’auberge de jeunesse ! Allez, offrons-nous un resto italien, une bonne glace, à peine moins bonne que celles de REGENSBURG et de bons jeux avec Auriane dans les aires de jeux, toujours exceptionnelles, de la vieille ville !

Avec Damien, sur conseil de bretons rencontrés à l’office de tourisme, nous nous reposons 3 nuits a la maison des Amis de la Nature, trouvant que le nom nous décrit assez bien aussi ! Un repos d’autant plus « mérité » qu’il faut monter quelques kilomètres dans la montagne pour y parvenir. Nous y arrivons donc joyeusement à l’improviste, et la famille nous y accueille avec autant de surprise que de chaleur et de générosité. Quelques centaines de mètres après la maison, Isabelle remonte avec Auriane pieds nus un ruisseau qui arpente en pente douce un bois coincé entre des champs de mais. Rien de tel comme expérience physique et sensorielle : le lit du ruisseau passe en 50cm de petits rochers à un sable dur puis a un humus léger ou collant ou Auriane s’enfonce jusqu’aux genoux, entre les racines des arbres qui nous surplombent. Je la suis, l’assiste sur demande, observe, m’émerveille, commente parfois. Au bout d’un moment elle en a assez et veut mes bras pour rentrer. Nous escaladons sur la berge, apercevons des pommes de pain, je lui propose d’en lancer en contrebas en visant bien le ruisseau pour qu’elles se laissent emporter par le courant, et nous voila reparties ! Nous rattrapons dans l’eau la quinzaine de pommes de pin rapidement bloquées par des branches ou des feuilles mortes, les aidons à repartir et suivons les méandres du courant, des rapides, des mini-lacs et des mini-cascades au rythme de ces bateaux à fourmis. Et toujours pas de photos malheureusement pour nous remémorer tous ces si bons moments. Quelques messages envoyés au cafe internet de REGENSBURG et quelques coups de fil passés à PASSAU nous délivrent d’un poids : nous avons 3-4 bonnes pistes pour l’hiver en Hongrie ! En WWOOFING « classique » essentiellement.

Nous accompagnons Maël prendre son bus de retour et nous rentrons à la maison des amis de la nature après avoir récupérer quelques provisions dans les commerces de la gare.

L’AUTRICHE EN 6 JOURS

Et après une journée à astiquer les 3 étages de la maison des amis de la nature en guise de remerciements pour leur accueil et leurs gentillesses, nous voila repartis sur l’EuroVelo 6, à nouveau avec la soif d’en découvrir davantage. Cette fois, c’est l’amie de lycée d’isabelle qui nous fait appuyer sur les pédales : nous devons arriver assez tôt pour la voir avec sa famille avant leurs vacances de 3 semaines dans les Balkans !

Heureusement, on ne nous a pas menti. La route est toujours sans voiture, mais en plus… elle est presque partout parfaitement asphaltée ? et elle suit le DANUBE ?! Youpi ! Une « autoroute » ? Oui, mais bien belle et bien roulante. Pas étonnant que nous croisions en permanence un tas de cyclistes : des familles avec bébés, des familles avec des enfants, ou des ados, des personnes plus âgées sur des vélos électriques, des vélos nus du dimanche, des vélos de voyage biens chargés, des vélos couchés, des tandems, des carrioles…

Heureusement que nous parcourons rapidement les kilomètres car le long de cette « autoroute à vélos » presque toujours plate notre histoire ne semble pas émouvoir grand monde. Certes nous ne parlons pas à beaucoup de monde non plus pendant ces quelques jours. Les Autrichiens, à qui nous nous adressons pour échanger un coup de main contre à manger, sont en général très fermés à notre demande et ne conçoivent pas non plus d’enfreindre la loi pour éviter que la nourriture parte à la poubelle. Même en camping où il y a toujours à faire et où les gérants ont pour le moment toujours été ouverts aux échanges, cette fois une gérante offusquée nous désigne tout ce qui l’entoure à 360° en criant que tout lui coute de l’argent et affirmant qu’il est impossible de voyager sans argent. Et les poubelles des grandes surfaces sont inaccessibles, compressées et/ou renvoyées « à leurs filiales ». Parfois données à des associations caritatives. Heureusement pour nous parfois les poubelles sont simplement accessibles et regorgent comme partout de nourriture en très bon état gaspillée. Pendant ces quelques jours nous ne croisons presque pas de restaurant étranger (fast food ou non). En revanche nous découvrons avec émerveillement des fruits et légumes laissés à disposition sur le bord de la route. En Allemagne, il s’agissait de pommes offertes dans des paniers. Ici c’est le temps du raisin, des prunes, des tomates, des concombres et même des courges, à vendre à très bas prix. On verse simplement la monnaie dans une caissette ou une boite aux lettres.

Puis à l’arrivée à Vienne nous bifurquons plein nord, en empruntant cette fois l’EuroVelo 9 qui permet de traverser l’Europe à vélo du nord au sud. Après une première partie de la route plate puis bien trop vallonnée et raide à notre gout, nous voila enfin chez notre amie, son mari et leur bébé d’un an et demi !
Il y a 3 ans, nous étions vers la fin de notre première année à vélo, déjà sans argent sans pétrole et sans électricité, nous n’avions pas pu aller à leur mariage, vues les difficultés d’organisation même si nous avions accepté une exception de train et avion pour cette occasion. Nous voilà enfin, comme promis, arrivés pour 10 jours, à vélos et avec des bébés à présenter ! Une oasis amicale où nous pouvons enfin vraiment nous reposer, merci merci pour votre accueil et patience Claire Ryan et Anna ! 🙂

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises et découvrons un magasin hors du commun !

Nous espérons et pensons que vos étés ont été bien riches aussi ! 🙂 Nous arriverons bientôt en Hongrie et espérons alors avoir *le temps* pour prendre plus de vos nouvelles, une fois posés pour l’hivers…


Merci à Maël pour l’aide apportée à la rédaction de cet article !