Chers amis, Karaj geamikoj,

Quel départ ! Quel nouveau virage dans nos vies !

Nous avons vécu le vélo et le camping en nature lors de magnifiques journées ensoleillées, mais surtout des expériences humaines uniques avec nos vieux et nouveaux amis…

Le dimanche 6 mai, nous arrivons heureux, toniques, disponibles et sereins pour le début de la grande journée de départ à 10h15 précises place Notre Dame à Auray. Avec une grosse vingtaine d’enjoués cyclistes, nous rejoignons le Moulin Neuf où nous accueillent Joseph, une magnifique bande du Cap des Possibles et… plein de bons mets d’Alrébio. Frites bio maison cuites en chaudron par les copains, quel régal, et quelle nourrissante après-midi d’aurevoir dans ce cadre amical et familial…

Retour à la Cabane pour passer la nuit… et terminer de trier nos affaires à toute vitesse et de tout vider et nettoyer dans un joyeux bazar collectif ! merci Méla, Tanya, Christine, Julie, Joan, Zoé et les autres ! Et oui tout s’enchaine depuis des semaines : dernières fêtes et visites importantes aux familles et amis, animation de conférences et ateliers divers, préparatifs administratifs, tout en nous occupant toujours soigneusement d’Auriane qui comprend petit à petit les explications très abstraites de « nous allons voir Tatayana en Ouzbekistan et Tonton en Australie à vélo »…

Finalement, le lundi… à midi… nous sommes une vingtaine de petits et grands à quitter la Cabane pour le « vrai départ ». Gonflés à bloc, nous arpentons de petites routes de campagne jusqu’à une première halte pour un déjeuner où nous rejoignons le comité de jumelage « Plescop – Castelu Nisipari ». Et oui, à seulement 10km de chez nous se lient depuis 30 ans des liens forts entre des Plescopiens et des habitants d’un village situé à seulement 20km de Constanta en Roumanie, la fin de l’Eurovélo 6, l’embouchure du Danube dans la Mer Noire, où nous avons imaginé passer l’hiver 2018 !

Le soir nous campons chez Rosélène, Nico et leur famille, chez qui nous avons découvert il y a 3 ans en WWOOFING les serres tunnel sur rail et plein de belles choses. Après avoir testé et comparé les différents réchauds (Rocket-stove maison, Kelly Kettle, CampingGaz), nous avons pu apprécier un excellent diner avant le repos bien mérité. Du premier jour au dernier, nous « perdons » deux compagnons par nuit. Nous espérons que nos routes se croiseront à nouveau ! Le cyclocamping est en tout cas une magnifique découverte pour la plupart de nos compagnons, et de notre côté nous avons été comblés de leur présence et de nos partages si intenses…

Le mardi, après avoir gravi quelques côtes dont la « montée du Tour de France » pour rejoindre Plumelec, nous nous réfugions dans le mag(nif)ique Val Jouin, entre Lizio et Quily, pour y passer la soirée autour d’un feu puis la nuit, en tente pour les uns, à la belle étoile pour les autres. Début de nos repas de plantes sauvages avec une soupe à l’oseille bien garnie … Nous dormons bercés par le chant de la rivière et des arbres de la forêt … Bon retour à Paris dès 5h du matin et merci encore infiniment pour tout à Mélanie et Tanya nos amies de longue date !

Mercredi, nous saluons l’Univers du Poète Ferrailleur et restons plus longuement auprès de Daniel Testard, extraordinaire boulanger – poète – etc de Quily … Son site internet vous donnera un bon aperçu de tout ce qu’il amène à la Terre et aux Terriens … Nous retrouvons ensuite le chemin de halage du Canal de Nantes à Brest où nous apprécions le faible dénivelé. La journée nous emmène jusqu’à Malestroit où nous rejoignent mes parents pour diner. Les uns partent glaner des invendus en partance voire partis à la poubelle et d’autres préparent un délicieux tartare d’orties – plantains avec notre chère Christine.

Une réflexion collective nous incite à appuyer un peu plus sur les pédales le long du paisible canal pour passer deux nuits plutôt qu’une à l’Oasis la Coudraie.

Nous campons donc tranquilles après avoir passé l’Ile aux Pies dans un champ de hautes herbes, en évitant les chardons. Jeudi, nous ne nous arrêtons à Redon que pour déjeuner et tenter d’échanger des coups de mains en échange de nourriture et nous repartons pour arriver à l’Oasis de la Coudraie avant la nuit. Nous y parviendrons, non sans quelques visites impromptues, avant le coucher du soleil, mais pas avant la seule pluie de la semaine.

Nous retrouvons, avec un plaisir non dissimulé, Emmanuel et Nora dans l’endroit qui nous a déjà accueilli après les difficultés de l’hiver d’un premier voyage.

Nous profitons de la soirée et de la journée du lendemain avant que les derniers courageux (nos chers amis Christine, Luna, Nicolas et Éole) ne repartent vers Auray, non sans qu’Auriane n’ait fait une démonstration de danse à l’occasion d’une grande et chaleureuse messe orthodoxe dans l’église de Sainte Présence à St Dolay.

Dans l’après-midi nous retrouvons Yves dans son Jardin des Marais déjà en compagnie d’une partie de la fine équipe du Cap des Possible qui nous ont rejoint pour l’occasion. « Ce n’est qu’un au-revoir … » Nous y passerons la nuit, invités dans la roulotte « chambre d’amis ». L’hospitalité de Yves n’a d’égale que son enthousiasme à nous expliquer le fonctionnement de sa maison lui permettant d’être autonome en énergie et en eau.

C’est à St Nazaire, chez Sarah notre sage-femme chérie, que nous terminons notre prologue. Retrouvailles d’Auriane et de la sage-femme qui nous a accompagné tout au long de la grossesse, la naissance et le maternage d’Auriane … et deux belles journées d’intimité (et d’ateliers) partagés.

A suivre : Les surprises quotidiennes en remontant la Loire.

Auriane, Isabelle et Damien