Karaj geamikoj,
Chers amis,

Cela fait déjà un mois que nous sommes partis … Le temps coule au fil de l’eau, à mesure que nous remontons la Loire sur nos fidèles compagnons de route et que nous rencontrons des amis de longue date ou nouons de fraiches amitiés.

Nous sommes restés à St Nazaire chez notre sage-femme chérie Sarah jusqu’au jeudi 17 mai pour animer la veille un atelier enfants – parents sur la plage qui a bien motivé 2-3 familles de se lancer dans l’apprentissage de l’Esperanto, cette langue si extraordinairement belle et facile !

Ensuite Isabelle vit très mal la traversée de la Loire, car pour éviter un très gros détour nous devons emprunter le pont de St Nazaire de 2-3 km. Nous ne pouvons pas entrer dans le bus St Nazaire – St Brévin car il accepte bien les vélos mais pas les carioles ! Nous montons donc sur le gigantesque pont en plein vent en étant affleurés en permanence par des voitures et camions malgré la mince voie cyclable.

Kilomètre « 0 » de l’EurooVélo 6 à St Brévin Les Pins !

Ouf à la sortie du pont Guillemette nous attend et nous disons au revoir à l’océan pour plusieurs années en pique-niquant et jouant une dernière fois avec les vagues … Auriane n’a qu’un an et demi et parle à peine, elle redécouvrira l’océan quand elle aura 4 ans peut-être, et sur la côté est du continent eurasiatique cette fois …

Ensuite nous commençons à reprendre pied, à quitter l’état de flottement et lâcher prise qui a du accompagner notre départ vers un voyage qui nous dépasse. Nous regardons la date, le calendrier. Oups le temps presse ! Nous devons retrouver les filles de Damien ce week-end. Nous nous arrangerons pour les accueillir au mieux du côté de Nantes en tente et profiterons de nous approcher de Nantes pour rencontrer la famille esperantophone dont nous a parlé Fransoazo (dont la 3è fille a eu pour langues maternelles le français et l’Esperanto !).

Le jeudi et vendredi commence donc « vraiment » notre voyage avec le début de l’Eurovélo 6, la vélo-route européenne qui joint l’Atlantique et la mer noire en longeant presque de leurs embouchures à leurs sources la Loire et le Danube. Dans ces terres marécageuses plutôt désertiques, ce sont bien des cigognes que nous voyons voler avec leur cou droit : les hérons, que nous voyons aussi, volent avec le cou en S ! Dès la première soirée l’improvisation nous ravit : alors que nous cherchons où poser notre tente à côté d’un lac, le gérant d’une brasserie peu classique et sa fille nous invitent pour une belle soirée partagée !

Vendredi soir nous arrivons dans la magnifique petite famille esperantophone avec son bébé de 20 mois. Finalement nous passerons tout le week-end en magnifique « petite communauté familiale et esperantophone » dans les espaces verts et sauvages de Rézé en bord de rivière ! Nhu est vietnamienne et souhaite visiter le Laos, nous espérons nous y retrouver dans quelques années !

La semaine suivante nous devrons rejoindre Tours pour retrouver l’amie d’enfance d’Isabelle Sophie et sa famille. On compte les kilomètres, on essaie de rouler un maximum. Une journée nous arrivons à rouler 50km, mais c’était un peu trop pour Auriane, et nous n’avons même pas lavé de langes ! Pourtant elle en utilise environ 4 ensembles par jour, on se fait vite rattraper sans systématisme. 40km par jour est juste ce qu’il faut pour avoir une journée à peu près équilibrée, mais nous manquons encore un peu de temps pour écrire, dessiner, jouer … Peut-être devrions-nous passer deux ans plutôt qu’un en Europe !

Mais même à ce rythme nous faisons de magnifiques bivouacs sauvages au bord de la Loire ou de marais, avec des concerts permanents d’oiseaux au dessus et autour de nos têtes. Nous nous arrêtons vers 19h et repartons le lendemain vers 12h, cela laisse du temps à Auriane pour gouter à beaucoup d’expériences sensorielles et découvrir tous les jours de nouveaux types d’environnement !

Et en journée nous avons aussi le temps de partager de riches discussions, qui souvent vont directement à l’essentiel, comme avec ces jeunes gitanes déjà mamans qui trouvent Auriane très belle et dégourdie et à qui je raconte comment Auriane grandit (sans sucre, sans biberon, sans transat, sans télé, sans peurs projetées …) pour qu’elles n’oublient pas elles aussi leurs racines … Ou avec cet animateur jeunesse qui nous abrite le temps d’un orage qui nous parle de l’isolement humain des jeunes d’aujourd’hui face à leurs appareils numériques (Facebook, consoles …) ou des semaines de cyclocamping qu’ils ont organisées pour les ados.

Temps de pause juste avant un énorme orage !

Important week-end de retrouvailles entre la famille de Sophie et la notre dans un camping près de Tours, avec nos filles Lise et Auriane dont nous sommes marraines respectives … Nous garderons le contact à distance, par une carte postale de temps en temps, par la pensée, et puis quand nous nous retrouverons les enfants auront beaucoup à échanger sur le début de leurs vies respectives … Pareil pour Christine et Luna, pareil pour les autres amis … Au camping, le gérant accepte que Damien creuse une tranchée de 10m en échange de nos 3 nuits en tente. Nous arrivons toujours à vivre sans argent. Une machine à laver par semaine nous permet de nous mettre à jour du linge à laver (pipi en duvet, lavage de nos propres vêtements …).

Puis les jours et les départements continuent à se suivre et à se ressembler un peu … pas trop … juste le temps de s’adapter en douceur, de revoir un peu le « déjà vu » et découvrir le « nouveau » … les mouettes, les maisons troglodytes, les rivières étangs et cours d’eaux, les châteaux (vus seulement de loin), la végétation, le relief, les rencontres (amis, familles cyclos, esperantophones, commerçants, avec des histoires personnelles parfois très intéressantes …) … Deux serpents (couleuvre et orvet), des écureuils etc, et beaucoup de chiens et de chats pour Auriane bien sûr ! 😉

Auriane se balade souvent pieds nus, part à la rencontre de tous les enfants que nous croisons, tète, mange ce qu’elle veut parmi ce que nous avons, boit de l’eau, nous « aide », fait la sieste tranquille dans la cariole matin et après-midi … Elle veut bien sûr faire beaucoup « comme nous », en particulier faire du vélo ! Avant ses siestes, elle monte souvent sur le vélo d’Isabelle, assise bien droite sur le cadre en se tenant au guidon, les pieds parfois posés sur les sacoches. Elle voit bien tout le paysage, elle discute avec Isabelle, elle adore ! Mais ce n’était pas prévu ! Pour être plus confortablement assise, Damien lui a rapidement installé sa selle de draisienne, super ! A défaut de pédaler elle fait ainsi travailler ses muscles, sa tonicité générale et son équilibre. Après, dodo ! 😉

Tatiana et Eva

Et nous voilà près d’Orléans pour des retrouvailles express après un mois de voyage avec nos amies Tanya et Eva et les parents et la tante d’Isabelle, dans un camping à nouveau. Et un point sur la carte : et si nous demandions à l’amie d’enfance d’Isabelle, Claire, si nous pouvions séjourner chez elle et sa famille dans sa ferme près de Vienne pour l’hiver en échange de rénovation ou autre ?? Quels magnifiques échanges pourraient vivre nos bébés ! Et le reste ! A suivre …

N’hésitez pas à nous appeler pour nous rejoindre (à vélo ou non) où vous voulez ! Cela nous ferait grand plaisir !