A Nice - Photo Caroline Audibert

A Nice – Photo Caroline Audibert

Isabelle, 33 ans, titulaire d’une thèse de doctorat en astrophysique a réalisé un post‐doctorat en climatologie.

Damien, 47 ans, titulaire d’un DUT en génie électrique, d’une maitrise et d’un DEA en informatique, est devenu ingénieur informaticien.

Respectivement conceptrice – organisatrice – animatrice et bricoleur – débrouillard – touche à tout, nous avons mis nos complémentarités au service de notre idéologie commune : transformer la société, en commençant par nous‐mêmes, pour préserver la Nature et les Hommes.

Nous avons naturellement fait partie de l’équipe d’organisation de «Festivals  des Utopies Concrètes » et d’Alternatiba en Ile de France puis nous sommes partis un an à vélo en France, « sans pétrole et sans argent » afin d’expérimenter un nouveau mode de vie beaucoup plus sobre, de visiter famille et amis et d’apprendre notamment la culture du sol dans des fermes biologiques et des lieux exemplaires.

Depuis nous nous sommes installés à côté d’Auray en continuant d’expérimenter nos idées de vie sobre et heureuse. Nous y avons co-organisé des villages Alternatiba et commencé à concevoir le projet de Jardins d’Ateliers des Terriens Malins.

Damien a largement participé à l’aménagement d’une confortable maisonnette en bois assez autonome et économe en énergie, devenue l’habitat de la famille pour quelques mois.

Auriane est née en Septembre 2016, et nous nous sommes mariés.


Notre opinion sur la société, côté consommation d’énergie

Il est urgent de ralentir ! Petite démonstration mathématique

Jean-Marc Jancovici

Comme l’explique très bien Jean-Marc Jancovici, la plupart des systèmes économiques, politiques et sociaux actuels dans lesquels nous vivons sur terre reposent essentiellement sur une grande consommation d’énergie.

Ces énergies sont essentiellement d’origines fossiles et nucléaire.

En outre, la croissance économique, tant souhaitée par nos dirigeants, qui permet de rembourser les intérêts des emprunts du passé, nécessite encore plus (et de plus en plus) d’énergie par personne.

Tout ceci est aussi lié à une augmentation exponentielle de la population (vue sur le long terme) qui accélère le phénomène.

Donc, sachant que la quantité d’énergie fossile sur terre n’est pas infinie, tout laisse à penser que d’ici quelques temps (5 ans, 10 ans, 25 ans, …), le coût (financier et surtout … énergétique !) des énergies aura tellement augmenté, que nous ne serons certainement plus en mesure de nous offrir la même quantité d’énergie par personne.

Les énergies renouvelables produites représentent une fraction infime de l’énergie consommée et ne permettront vraisemblablement jamais de pouvoir maintenir la consommation énergétique actuelle si on tient compte des ressources nécessaires à la production, l’utilisation et l’entretien des appareils nécessaires à la production et au stockage.

La production d’électricité par l’énergie nucléaire est quant à elle un DESASTRE humanitaire à cause de notre incapacité à démanteler les centrales hors d’usage (!), à cause des déchets extrêmement radioactifs produits pendant des ères géologiques (!), à cause de l’utilisation militaire dévastatrice du nucléaire qui accompagne le nucléaire « civile » (!), etc !!

Il est donc grand temps d’imaginer autre chose …
Mais quoi ??? 


Notre expérience

Voici ce que nous avons expérimenté à notre échelle à partir du début de notre changement de vie où nous avons quitté nos logements et salaires …

… d’abord en mode nomade pendant notre voyage de mai 2014 à juillet 2015 puis en mode sédentaire en Bretagne d’août 2015 à mai 2018, temps pendant lequel nous avons accueilli Auriane le 23 septembre 2016 !   🙂

  •  Comment nous nourrir ?

Ne disposant plus de salaire depuis 2014, comment nous nourrir au quotidien ?

En mode nomade à vélo en particulier, nous avons

  • troqué : échangé de la nourriture contre autre chose, y compris un coup de main
  • wwoofé : donné des coups de main dans des fermes naturelles en échange de nourriture
  • récupéré : récupéré de la nourriture sur le point d’être jetée, voire déjà jetée !
  • glané : ramassé des fruits dans la nature (noisettes, amandes, pommes, poires, fraises des bois …)

et surtout commencé à apprendre en fermes biologiques ou lieux exemplaires comment produire notre nourriture !

WWOOFING : Travailler et apprendre en échange de nourriture saine 🙂

Tonnes de pommes de terre jetées en Beauce, car « trop grosses » avons-nous pensé !

La saison du glanage (ramassage) d’amandes en bord de route.

 

 

 

 

 

 

Une fois installés en Bretagne nous avons pu, grâce à nos enseignements, commencé à expérimenter la culture du sol et de ses habitants par nous-même pour … essayer de tendre vers l’autonomie alimentaire ! Mais pas dans l’autarcie, toujours dans l’échange …

  

  • Comment avoir un toit ?

En mode nomade, nous dormions l’été surtout en tente et l’hiver en WWOOFING.

Quand nous nous sommes installés nous avons continué d’échanger des services contre ce dont nous avions besoin, et notamment un toit et un bout de terrain. Nous avons même fini par pouvoir finir de construire et expérimenter un petit habitat à la fois très agréable et très écologique, presque autonome en énergie et surtout très sobre c’est-à-dire qui consomme très peu d’énergie y compris pour sa fabrication.

Très bonne isolation bois, grandes fenêtres est, sud et ouest, 33m2 (auvent inclus) qui évitent de trop s’encombrer, poële à bois pour se chauffer et chauffer l’eau (facilement grâce aux briquettes de la menuiserie !), eau de pluie si les réserves sont suffisantes, séchoir à linge suspendu pour les langes à laver tous les 2-3 jours les premiers mois, préchauffage de l’eau au soleil (en cours d’installation), peu internet, peu de réseau téléphonique, pas de frigo (on peut faire autrement en ne mangeant de la viande que le jour des courses et en conservant le reste dehors si besoin), pas de télé, mini-poubelle, toilettes sèches à séparateur d’urine (seau du coup très léger et à vider beaucoup moins souvent que sans séparateur d’urine), douche tout confort pour prendre un petit bain avec bébé, machine à laver partagée, petite phyto-épuration (aucun produit chimique et presqu’aucun savon ne se déverse dedans) … Le bonheur quoi … 🙂

  • Comment nous déplacer, au quotidien et en voyage, sans pétrole et sans euro ?

A quoi ressemblerait un déplacement de plusieurs centaines de kilomètres, de plusieurs milliers de kilomètres, si nous n’utilisions que peu ou pas de pétrole ? Est-ce envisageable ? Possible ?
Que se passerait-t-il si nous n’utilisions plus les euros pour faciliter nos échanges pendant ce voyage ?

Nous avons fait quelques essais, des expériences grandeur nature …

   

  • Comment accueillir un bébé presque sans argent ?

Lorsque l’on voit les rayons de supermarché pleins de produits spécifiques et chers pour les bébés, tous les rendez-vous à prendre pour eux etc, on peut se demander comment accueillir un bébé presque sans argent !

Merci à Christine

pour tout   🙂

 

 

 

 

Notre questionnement n’était en fait pas celui-là. Notre but était surtout de construire une relation profonde, intuitive et naturelle avec nous-mêmes et notre enfant. Juste avant de rencontrer Damien je voulais partir découvrir un ou deux ans des populations autochtones de Colombie, mais finalement je serais toujours restée très éloignée de leur culture. Finalement je suis partie de là où j’en étais et ai fait de mon mieux pour me connecter à mon intuition de ce qui pourrait être des pratiques ancestrales … reliées au vivant et durables ! Et nous nous sommes du coup retrouvés à ne presque rien dépenser.

D’après nous le plus important que nous pouvons apporter à un bébé est de l’attention beaucoup, beaucoup plus que de l’argent. Il nous semble que souvent l’argent dépensé soi-disant pour le bien-être du bébé est en fait surtout dépensé pour le bien-être (bien-être en partie apparent) du parent. Un bébé confortablement installé dans un transat ou une poussette et y est en fait souvent dans un premier temps ligoté de force, un peu trop loin de ses parents et dans l’incapacité -sans doute très anxiogène et mauvaise pour le corps- de ne pas pouvoir bouger ! Nous ne jugeons personne, tout est question d’usage de contexte de connaissances etc, mais une chose est sûre, on peut faire sans … A condition souvent d’avoir du temps. Mais quand on n’a plus besoin d’argent, on a beaucoup plus de temps pour s’occuper du principal !

La suite ici. Nous raconterons un peu notre expérience de parents avec Auriane, en relation avec le Vivant et la Nature, dans le carnet de voyage, rubrique parentalité !


Quelques idées, quelques exemples, qui nous permettent d’apprendre en faisant :

En wwoofing en Bretagne

En quête d’utopie, d’éco-lieux, de cohérence,… nous avons parcouru la Bretagne de Nantes jusqu’à St Malo en suivant au plus près la côte sud puis en traversant les monts d’Arhé avant de retrouver les côtes de granite rose, d’émeraude et d’opale…

A Nice - Photo Caroline Audibert

A Nice – Photo Caroline Audibert

En vélo des Sables d’Olonne à Nice (et retour)

Entrer dans un cercle vertueux sur la pointe des pieds, bâtir une utopie douce, reconsidérer la Terre où faire germer un monde meilleur.

En voilier à Totnes

Berceau de la mise en pratique du mouvement des Villes et Territoires en transition, Totnes est la première ville à tenter d’introduire, de manière durable, la résilience nécessaire pour supporter le choc énergétique du fameux « pic pétrolier ». Nous y sommes rendus pour nous en inspirer.