Dans le ventre

Bien sûr nous communiquions déjà avec Auriane quand elle était dans mon ventre. La communication, ce n’est pas que verbal, même chez les humains ! Ca peut être plus subtil … Nous n’avons pas fait d’haptonomie mais une intention forte nous a probablement déjà permis de nous « échanger » quelques choses un peu conscientes avec Auriane.

En particulier, vers les 6-7 mois d’Auriane dans le ventre, j’ai beaucoup frotté et gratté des murs etc et connu des périodes de nervosité très importante, ce qui -je pense- m’a provoqué des contractions et bloqué le diaphragme car ma respiration n’était pas assez profonde et détendue. La croissance de l’utérus est du coup restée bloquée au niveau du nombril pendant un temps tandis que mes contractions s’accentuaient. Résultat, j’ai fini par avoir vraiment très peur qu’Auriane ne naisse de façon beaucoup trop prématurée. L’avantage est que je me suis du coup retrouvée à parler de façon extrêmement volontaire à Auriane, en lui expliquant et lui demandant avec toutes mes sensations et mon énergie orientés dans la même intention que je ne voulais pas qu’elle sorte, qu’il était trop tôt. Je me suis ainsi sentie extrêmement connectée à elle. Finalement elle est née parfaitement à une semaine du terme.

Quant aux périodes de tension et de peur, nous avons essayé de les digérer et les dépasser lorsqu’Auriane était sortie de mon ventre depuis 6 mois, grâce à Chintana de Présence du Coeur. Un effet directement observable est qu’Auriane a recommencé à faire des siestes l’après-midi dès la première séance alors qu’auparavant elle ne dormait quasiment plus de la journée à partir de ses … 3 mois peut-être ?

(Note : Auriane a maintenant 1 an et demi. Face à une amie enceinte je viens de demander à Auriane si elle se souvient de quand elle était dans mon ventre et elle me fait le signe « peur » sans aucune équivoque. Je n’évoque moi-même pour ainsi dire plus jamais le sujet depuis sa naissance, peut-être est-ce un vrai souvenir, à accueillir et rassurer jusqu’à ce qu’il soit parfaitement digéré ?)

 

Allaitement, pleurs, cris etc

A partir de l’arrivée d’Auriane dans le monde aérien, l’allaitement a été bien sûr la première des préoccupations d’Auriane, de moi sa maman et de ses proches. Ayant naïvement cru que parce que l’allaitement était naturel « c’était facile », ma première semaine d’allaitement a été terrible : la douleur d’une crevasse le 2è jour m’a fait essayer sans trop y réfléchir une téterelle en silicone qui, étant très différente de mon sein, a effrayé Auriane dans son frais apprentissage de la tétée. Nous avons pu joyeusement fêter sa première semaine où tout rentrait enfin dans l’ordre grâce à Perle de Parents Breizh et Sarah qui avait fait tout ce qu’elle pouvait de loin et avec -choix du hasard- 2 naissances de familles amies cette semaine-là !

Ensuite, Auriane par ses pleurs et cris pouvaient signifier bien des choses (faute d’une meilleure façon de s’exprimer), notamment ses envies de téter ! Le livre « Ne pleure plus bébé » explique tout ceci plus en détails :

Chez nous, en Occident, le mot « bébé » est facilement associé à cris, pleurs, quand ce n’est pas braillements… On pense soit que c’est pénible pour tout le monde, mais qu’on n’y peut rien, sauf attendre que ça passe ; soit que les cris des bébés, ce n’est pas grave (voire, c’est bon pour eux).
Dans d’autres cultures, au contraire, un bébé qui pleure, c’est à prendre au sérieux. Tout est fait pour éviter ces pleurs. Et de fait, les anthropologues et les voyageurs se sont toujours étonnés de ne pratiquement jamais entendre de pleurs de bébés chez les autochtones du Grand Nord, les Amérindiens, en Inde, à Bali… Ces peuples ont-ils un secret ?
Oui, et il tient en deux mots : maternage proximal. C’est-à-dire un ensemble de pratiques (allaitement à la demande et prolongé, portage intensif, cododo…) qui, en répondant aux besoins fondamentaux du bébé, lui évitent d’avoir à manifester par des pleurs le malaise que lui causerait la non-satisfaction de ces besoins.

De notre expérience, au début le maternage proximal est à la fois profondément fatiguant et satisfaisant physiquement, sans cassure violente, puis la fatigue s’estompe, et ne reste que la satisfaction d’une relation de confiance, profonde et paisible.

 

Hygiène Naturelle Infantile

Sinon, à partir de l’arrivée d’Auriane dans le monde aérien, un sujet passionnant de communication avec elle est le … pipi – caca qui sort d’elle. Et oui, elle n’a pas une grande maîtrise de son comportement, ses gestes etc, et il n’est à vrai dire pas très important qu’elle lève son bras ou son pied par exemple, alors que faire pipi ou caca est tout simplement vital et très important au niveau physiologique, provoque physiquement chez elle des sensations très profondes et chez nous … des attentes souvent un peu trop fortes (de propreté) ! Donc c’est un sujet sur lequel nous avons tous très envie de nous comprendre au mieux et au plus vite.

On peut déjà essayer simplement (et quel que soit l’âge du bébé) de proposer systématiquement au bébé le pot (de fromage blanc ou le lavabo) à chaque change, et en particulier le matin au réveil. On prend bébé par les cuisses le dos contre notre ventre, « tu peux faire pipi si tu veux » et on peut aider par un petit « psss ». Vous trouverez plus de vidéos en cherchant le mot clé anglais « elimination – communication ». Quelle surprise de découvrir éventuellement un petit jet !! La 1è semaine nous n’avons proposé que 3 fois à Auriane le pot mais elle « a fait » une ou deux des trois fois !!

Nous nous sommes du coup naturellement retrouvés encore plus motivés de discuter avec Auriane de ce sujet puisque visiblement … ça peut vraiment aboutir très facilement à quelque chose ! Notre expérience avec Auriane semble nous indiquer que non vraiment un bébé n’a pas besoin de savoir marcher ou monter des marches pour contrôler son sphincter !! En proposant régulièrement le pot à Auriane dès son 1er mois nous avons constaté que parfois elle pouvait faire de tous petits pipis (si nous avions proposé peu de temps avant par exemple) ou au contraire de très gros pipis (avec couche sèche bien sûr) à d’autres moments. En revanche, nous avons clairement cru observer l’augmentation de la taille de sa vessie à mesure qu’elle grandissait !

 

Questions « oui – non »

Après un temps de description orale (ou signée, par un geste comme nous en parlerons juste après) de ce qu’il se passe « ah tu fais pipi je le vois qui sort de ton corps, ça doit te soulager à l’intérieur … » (ou autre !!) pour être bien d’accord sur « les mots », nous avons commencé à lui demander si elle souhaitait ou non faire pipi, pour ne pas l’embêter à lui proposer pour rien. Et puis un jour elle a commencé à répondre de la tête !

Et nous avons pu commencer à lui faire confiance sur ses réponses !! C’est-à-dire que parfois elle a bien sûr répondu « non » alors que finalement elle a fait pipi très peu de temps après, mais nous avons appris un peu à analyser quand elle était beaucoup trop occupée (en particulier quand elle a appris à marcher) pour avoir envie de s’interrompre pour faire pipi, ou quand elle était « nerveuse » avec nous (clairement plus on était détendu sur les « loupés » et moins il y avait de « loupés » ensuite, en décrivant simplement sans mentir que oui nous aurions préféré éviter mais non ce n’est pas grave on comprend très bien il suffit de nettoyer pas de souci), ou … Elle voyait aussi très bien l’impact sur nous de ce qu’elle nous réponde oui ou non de la tête, nous étions de façon très « claire » en communication ! et lui posions des questions sur tous les autres sujets fondamentaux comme les « tétées », « encore » (manger) etc

 

Langue des Signes

Nous avons commencé à faire les signes de base (pipi, caca, tétée, dormir …) très vite après sa naissance. Mais avouons que comme elle ne reproduisait évidemment pas les signes, nous avons un peu perdu notre motivation avec le temps et avons quasiment arrêté de signer (sauf « pipi » au moins) quelques mois. Puis Auriane a commencé à signer lorsqu’elle faisait pipi, lorsqu’elle avait fait pipi et puis finalement … lorsqu’elle voulait faire pipi ! Et elle a un peu plus tard commencé à ingurgiter et/ou utiliser les signes à une vitesse folle ! Voyant cela nous avons commencé à chercher plus de signes, comme le « miam c’est bon » avec la main qui se frotte le torse ou le ventre en rond avec une mine alléchée qu’elle a reproduit dans la seconde !

A bientôt 1 an et demi, elle a reproduit au moins une fois une cinquantaine de signes. La plupart, souvent ceux qui nous font beaucoup rire, seraient probablement demeurés incompris d’une personne pratiquant la LSF (langue des signes française) sortis du contexte ! Comme le signe (totalement inutile 😉 ) « café » qu’elle adore faire le matin en sentant le café de Damien, peut-être parce que ça nous fait beaucoup rire ! Pas facile de laisser un point fermé tandis que l’autre main prend une forme de téléphone en faisant des tours pour mimer une cuillère …

Mais sinon nous avons le bonheur de comprendre des histoires d’Auriane. Pour cela, nous assistons ou vivons ensemble une scène, la décrivons ensemble en mots et signes, puis plus tard éventuellement en pointant du doigt l’endroit où s’était passée la scène elle répète les signes ! Une fois par exemple nous avons vu un chat poursuivi par un chien qui a sauté se réfugier effrayée sur un promontoire, et depuis « chat peur chien » ou en tout cas « chat peur » ! Sinon souvent elle nous repointe du doigt des endroits ou quelques heures ou quelques jours plus tôt elle a « laissé échapper un pipi » avec un regard ennuyé. « et oui c’est vrai tu avais fait pipi là »

Un grand moment est la joie de l’échange appuyé par un « merci » ou un « s’il te plaît ». Nous lui demandons souvent de nous dire « merci » ou « s’il te plait » lorsqu’elle nous fait des demandes (signées ou pointées du doigt ou autre expression du corps) que nous n’avons pas très « envie » de satisfaire ! « S’il te plaît » signifie pour nous « c’est vraiment important pour moi » : « bon, si c’est vraiment important pour toi je suis prête à faire l’effort ». Réciproquement, elle signe parfois spontanément « merci » lorsqu’elle sent de la réticence dans un acte qui lui est accordé. Elle utilisait un jouet que voulait visiblement un autre bébé, je lui ai fait signer « s’il te plait » auprès d’Auriane qui a alors consenti immédiatement à lui céder le jouet.

Voyant les relations entre bébés j’en viens à penser que si les bébés savaient signer (ou étaient guidés pour apprendre à communiquer entre eux) il y aurait beaucoup moins de conflit entre eux car ils se comprendraient mieux et n’auraient pas besoin d’utiliser la force pour obtenir ce qu’ils veulent !! Communiquer par les signes plutôt que pleurer ou crier ne marche pas qu’avec les adultes !! Je n’ai rien lu ou vu sur le sujet mais je n’ai lu que 2 ou 3 livres sur les bébés. Des livres parlent forcément de ce sujet il n’y a qu’à chercher …

Merci encore à Christine pour la fête, les photos et tout tout le reste !   😉