UNE PAUSE, UN POINT

Mi-décembre 2018 – Début février 2019 : Noël en France !!

Nous n’avions pas prévu de rentrer tous les ans en France, mais force est de constater que ce retour nous est absolument nécessaire. Avec notre principe de ne plus prendre ni l’avion ni le train et d arrêter les grands trajets motorises depuis quelques années, nous devons nous faire violence pour accepter ce grand voyage de retour (en avion en l’occurrence). Mais nous sommes largement soignés par les retrouvailles avec les proches et par le temps qui s’ouvre ainsi pour nous poser.

Alors ces 8 premiers mois de voyage ? On continue ?

La réponse n’est pas si évidente pour Isabelle. Un petit bilan et des réflexions sont nécessaires.

Les points les plus importants du voyage (hors points intimes) :
+++ la VIE en pleine nature, à vivre pleinement au rythme du Soleil, de la météo, de nos sens en éveil, de nos besoins de base, et surtout de toute la VIE (oiseaux, insectes, végétaux, mammifères …) qui nous entoure et dont nous nous sentons pleinement faire partie …
— le manque de communication avec autrui, de contemplation partagée, de relations, de nourriture intellectuelle, de prise de recul … Dans l’idéal nous ne « devrions » pas voyager qu’à 3 mais en tribu, pour que les besoins relationnels quotidiens des uns et des autres puissent être nourris par plusieurs personnes différentes. Et avoir le temps d apprendre un peu les langues locales nous aiderait évidemment beaucoup aussi, ou que tout le monde apprenne l’Espéranto et trouve des occasions de le pratiquer 😉
+++ toutes les expériences inédites que nous traversons, les peuples les cultures les lieux les natures que nous ne pourrions découvrir à seulement 50 km (ou même 500) de chez nous.
— le manque de relations simples pour Auriane : elle est frustrée de devoir toujours changer de mode de communication selon les enfants que nous rencontrons et d’avoir tout juste le temps de s’apprivoiser avant de se quitter. Mais nous avons constaté que lorsque des relations plus récurrentes sont possibles (comme à Budapest en février), elle entretient une relation « normale » aux autres, ne laissant pas présager de « séquelles » sur le long terme. Au contraire, la diversité de nos rencontres ont déjà rendu Auriane extraordinairement ouverte, curieuse et avenante vers tous les inconnus. « Sociable » pourrait-on dire…
++ la découverte de modes de vie sobres et heureux et de techniques précises totalement étrangères à notre culture (cuisine et alimentation, aménagement du logement, travail et bien-être …)
— la lassitude de ne pouvoir aider en échange de nourriture, de finir par avoir le sentiment de quémander notre pain quotidien, de rentrer dans un cercle vicieux ou le moral baisse et donc notre proposition d’échange perd de son dynamisme et donc nous recevons un accueil moins bon et donc le moral baisse et donc …
– le manque de rythme pour Auriane et de temps pour « s’occuper d’elle pendant le voyage aussi bien que si elle était en jardin d enfants Waldorf », le manque de pauses et de petits plaisirs, à profiter sans se soucier du futur (nourriture, logement) et sans vouloir organiser un tas de choses (conférences, projets pédagogiques, rencontres pour « sauver le monde » …)

Malgré les points positifs, Isabelle a besoin trouver des solutions aux points négatifs. Voici celles qui ont émergé, grâce aux échanges ou à la réflexion :
– 5 minutes de méditation et d’étirements en paix par jour seraient extrêmement bénéfiques
– à défaut d internet en chemin, nous recherchons davantage de « rencontres nourrissantes » a l’avance, depuis la France, par les réseaux des ecovillages, du WWOOFing, de l’Espéranto, des Warmshowers… en revanche pendant le voyage nous acceptons que voyager avec nos contraintes et avec un bébé est suffisamment prenant pour ne pas chercher à organiser un maximum de rencontres et d’événements dès que l’occasion se présente : nous profiterons davantage du moment présent (musique, jeux, discussions sans « objectif » …) sans chercher à « sauver le monde » en permanence
– Isabelle prépare des mini livrets de photos afin de faciliter la communication et de garder un support matériel très accessible qui nous ramène à nos racines. Un mini livret est une page A4 coupée et pliée astucieusement en 8 pages.
Les thèmes des mini livrets sont :
Pourquoi vivre sans pétrole sans électricité et presque sans argent ?
Quelles sont nos inspirations ?
Qu’avons nous entrepris qui aille en ce sens ?
Et quelques livrets sur notre vie.
– nous échangeons les pochettes pleines de papiers et de « choses à donner » d’Isabelle (qui étaient « bien intentionnées » mais inaccessibles dans la carriole orange) contre une mini pochette des choses essentielles à montrer ou à donner (devenue accessible dans la sacoche de guidon).
– Nous reprendrons aussi la chaîne de cadeaux de notre voyage en France : simple et efficace, elle nous permet de créer du lien et d’enrichir notre voyage.
– la décision est prise de revenir tous les ans « pour Noël » pour les relations, le repos, combler les manques divers et varies … Du coup quitte à revenir, nous pouvons même rester plusieurs mois si le cœur nous en dit ! Ainsi, après le voyage « Hongrie – Azerbaïdjan », selon les rencontres et opportunités réjouissantes de WWOOFing etc, nous rentrerons en France plus ou moins tôt après septembre 2019 et repartirons plus ou moins tôt avant avril 2020 ! En attendant cette année nous sommes ravis de prolonger notre expérience de voyage en Hongrie avec de belles amitiés à Budapest et 2 mois supplémentaires de WWOOFing dans les 2 fermes déjà rencontrées.
– quant aux points négatifs pour Auriane, nous essayons vainement de vouloir les mettre en balance avec les points positifs, impossible les choses ne sont pas comparables ! Et si elle avait une vie sédentaire ? Pas de comparaison possible non plus … Seules certitudes : nulle vie n’est « parfaite » (les écoles Steiner-Waldorf en France sont par exemple toutes dans des grandes villes ce qui n’est pas du tout ce que nous souhaitons), et en faisant de notre mieux nous arrivons au moins à préserver Auriane de nombreux et graves travers de notre société actuelle tels que l’absence des parents auprès de leur bébé, l’excès d’écrans, l’inactivité (liée au consumérisme), et plus globalement la coupure du bébé à la « Vie », autre qu’humaine au moins (manque de nature quoi) …

Après avoir fait le plein de belles relations avec les amis et la famille, pris un peu de temps pour chacun de nous et trouvé des solutions à ce qui faisait baisser le moral d’Isabelle, nous voila remplis à nouveau d’enthousiasme et d’énergie pour repartir vers de nouvelles aventures !!!

RETOUR EN HONGRIE

6 – 21 Février : Retour à notre mode de vie « presque sans argent » à Budapest et vacances

Nous suivons notre résolution de vivre « plus cool », avec moins de travail d’organisation de conférences notamment, et plus de joies au quotidien. C’est ainsi que nous avons seulement 3 préoccupations a notre retour à Budapest : le logement, la nourriture et … passer de délicieux moments !

Pour le logement, nous commençons par passer 3 nuits chez un adorable couple inscrit au réseau Warmshower, un réseau d’accueil de cyclistes semblable à Couchsurfing ou Pasporta Servo pour les Espérantophones. Nous commençons très bien en partageant une soirée musique et marionnettes dans leur appartement. C’est toujours une joie pour Auriane d’écouter et d’observer un musicien en chair et en os et de tester elle-même de nouveaux instruments. C’est aussi la première fois qu’Isabelle joue « en duo » de la flûte. Expérience saisissante pour elle !
Ensuite, nous partons 2 nuits avec la merveilleuse Bori, « jardinière » d’une sorte de jardin d’enfants Waldorf dans un « ruin bar » alternatif, chez une famille amie : Panka (la maman), Berci (le papa), et Julia et Zsofi les 2 bébés. Encore un régal, voire un petit paradis, où Auriane s’entend à merveille avec les 2 bébés. Au point que nous y retournerons régulièrement par la suite. Puis nous passons 4 nuits dans l’appartement loué d’habitude en Airbnb par Ada, une femme très sympathique rencontrée au jardin d’enfants de Bori. Nous y gouttons une pause dans nos déménagement et dans nos cohabitations, profitant d’être seuls « entre nous 3 » pour nous reposer dans cet appartement tout confort en plein centre de Budapest.
Décidément, tout va pour le mieux ! Nous espérons pouvoir initier Ada et sa petite fille aux joies du cyclo-camping à notre re-depart début Mai. Elle rêverait d’être capable de nous accompagner jusqu’à sa famille en Serbie ! Un bon bout de chemin à partager !

Pour la nourriture, nous continuons de nous nourrir sans argent en essayant d’échanger des coups de main contre de la nourriture qui risque de partir a la poubelle. L’apparition de nos nouveaux « mini-livrets » change radicalement notre communication avec les vendeurs. Auparavant, si le vendeur ne parlait pas anglais ou allemand (ce qui était quasi-systématique en dehors des très grandes villes), nous lui montrions une lettre qui explique notre démarche, traduite en hongrois par notre amie Christine et sa sœur. La lettre nous avait été déjà d’un grand secours à notre arrivée en Hongrie par rapport à la Slovaquie où nous n’avions rien.
Mettre des photos concrètes derrière les mots semble encore plus percutant et convaincant ! Les yeux et bouches s’ouvrent ébahies en quelques secondes, on s’exclame, on nous interroge, on nous soutient. C’est idiot mais même lorsque nous sommes à vélos et que nous rentrons dans un magasin pour échanger à manger contre un coup de main, les vendeurs ne voient pas forcément nos vélos et nous prennent donc au début pour des clients « normaux ».
Une seule fois dans notre voyage un vendeur avait (osé ?) demandé à venir voir nos vélos, et une bonne part des personnes semblent croire que nous ne sommes évidemment pas venus de France à vélos, ou que nous sommes des extra-terrestres ! Donc une simple photo de nous dans les mini-livrets avec nos vélos les impressionnent et donne du crédit à tout ce que la lettre peut expliquer dans leur langue.
Les mini-livrets illustrant « ce que nous ne voulons pas » (pétrole et électricité qui engendrent la destruction de la Vie) et « ce que nous voulons » (préservation de la Vie dans les ecovillages, fermes écologiques, notre ex petite « maison dans la prairie » …) sont aussi apparemment tout à fait parlants et évocateurs. Du coup, même si la communication reste limitée et que les vendeurs nous demandent rarement un coup de main, ils nous font plus facilement bénéficier du gaspillage de leur magasin ou de leur restaurant.

Et dernière préoccupation depuis notre retour en voyage : passer de bons moments, SANS se mettre de pression pour organiser un maximum de conférences, de projets etc !
Le vendredi 8 février, c’était prévu, Bori nous emmène à une extraordinaire soirée de danse folklorique hongroise. Après un cours et un film d’hommage qui nous permet de nous immerger un peu dans l’histoire du folklore hongrois, des musiciens renommés (violon, flûte …) animent des rondes entraînantes, pour une soirée qui ressemble un peu aux fest-noz bretons. Ce genre de soirées traditionnelles revient a la mode a Budapest ; sur le site internet de « tanz », on trouve un programme chargé pour les petits et les grands, les débutants et les confirmés … D’ailleurs, pendant qu’Auriane profite d’une séance de danse traditionnelle pour les enfants, nous rencontrons enfin Andras. Il est Espérantophone et président de l’association qui travaille sur la qualité de l’air à Budapest (et ex-président de l’association des Jeunes d’espéranto), pour une discussion agréable mais « à l’ancienne ». Nous discutons de « changer le monde », en parlant notamment des actions entreprises à Paris par … notre amie Fifi et sa compagnie !
Le lendemain c’est l’Espérantophone « denaska » (de naissance) Nora, qui nous avait accosté en octobre en reconnaissant le drapeau Espéranto sur nos vélos, qui nous invite chez elle à déjeuner. Rencontre magnifique encore, ou elle nous épate de vivre elle aussi « quasiment sans argent », mais avec un mari et 5 enfants sur la superbe colline qui héberge(ait) le château de Buda !
Son mari travaille du lundi au jeudi seulement, et ils louent le superbe appartement où ils habitent.
Elle nous explique leurs « trucs » : aucun frais de transport (les écoles et les activités des enfants doivent être accessibles à pieds), de la nourriture 100% maison (y compris le pain), aucun appareil électronique sauf un téléphone -sans internet- pour tout le monde (ni télé ni ordinateur, de mémoire ils vont à la bibliothèque quand ils ont besoin d’internet), pas de prof particulier ni de psy car elle est suffisamment disponible pour ses enfants, des vacances agréables sans avoir besoin de partir loin ni de payer cher … Et les garçons que nous avons vus ont l’air en effet parfaitement heureux et épanouis !
Nous gouttons à d’autres rencontres amicales et ne proposons que … 2 modestes présentations de voyage. La première dans un chouette « ruin bar » fait venir une trentaine de personnes, dont certain avec lesquels nous créons des liens qui continueront à vivre un peu.
Quelques personnes sont intéressées par nous accompagner à notre re-départ début mai (nous comptons une vingtaine de personnes environ intéressées depuis décembre). Mais l’organisation de ce « départ collectif » ne sera pas simple puisque ce n’est pas nous qui l’organiserons intégralement cette fois et nous sommes difficiles à joindre.
Un couple de jeunes femmes nous invitent très enthousiastes chez elles à 60km au sud de Budapest un mois plus tard.
Nous rentrons à pieds de nuit avec Dora, une jeune maman. Nous sommes tellement captivés par les discussions que nous ne couvrons pas assez Auriane après sa sieste (trop chaude sur les genoux d’Isabelle pendant la conférence). Nous finirons malades au bout de quelques jours et pour longtemps.
En attendant, nous profitons le lendemain matin avec Dora et son fils d’une séance mensuelle de découverte du violoncelle pour les bébés, animée par un violoncelliste à la fois excellent musicalement et dans son contact avec les bébés.
Une dernière invitation à déjeuner nous permet de mieux rencontrer un jeune indien fasciné par notre démarche. Son enthousiasme est si grand (il veut même nous faire venir en Inde pour y proposer des conférences « partout ») que nous considérons l’option de passer par l’Inde plutôt que par la Chine. Nous avions écarté cette option car pour aller de chez la famille ouzbek de notre amie Tanya à l’Inde il nous fallait traverser l’Afghanistan (et le Pakistan). Mais finalement il s’avère qu’il est de toute façon impossible de traverser la Chine sans transport à moteur car le Visa y sera de 3 mois maximum et que ce pays est « gigantissime ». Donc quitte à utiliser un peu de moteur, pourquoi ne pas traverser vite l’Afghanistan (et le Pakistan) et passer par l’Inde ? A suivre, nous aurons encore un hiver de réflexion devant nous …

Et enfin, du 18 au 21 Février, youpi ! Notre amie bretonne – hongroise Christine (Kristof) a réussi à boucler les corrections de son livre « Sur la terre comme au ciel » (qui traite des éco-sites sacrés, alliant écologie et spiritualité, livre paru depuis) pour enfin nous rejoindre dans son pays d’origine avec sa fille Luna.
Nous sommes un peu malades mais profitons ensemble à fond des vapeurs d’un grand établissement de bains thermaux à Budapest, les bains Lukacs.
Nous partons ensuite pour un « retour aux sources » de Christine vers sa plus ancienne amie et sa « belle sœur par alliance » Frida, qui habitent toutes deux à coté du lac Balaton.
Un séjour de remise en forme qui nous nourrit de bien des surprises.
Les minuscules gares qui jonchent notre itinéraire en train et leurs chefs de gare très chics nous ramènent à un autre temps.
Frida est l’organisatrice de nombreux tours à vélos en Hongrie, du futur festival européen de la culture au lac Balaton, et roule elle-même des qu’elle en a le temps un peu partout dans le monde avec sa tente et son vélo. Les vignes, les bois, les pourtours dégagés, naturels et vallonnés du lac, les plages, les roseaux et … le temps …. nous apaisent de Budapest et/ou de nos modes de vie trop pressés.
Nous n’irons pas à la fameuse vallée Krisna (ecovillage spirituel) de l’autre cote du lac, c’est encore l’hiver, période de repos la-bas aussi, et nous en faisons assez avec nos maladies a partager et soigner.

WWOOFING EN HONGRIE AU PRINTEMPS

22 Février – Fin Avril 2019 : Retour dans les 2 fermes hongroises

Vive le WWOOFing ! « World Wide Opportunities in Organic Farms », un magnifique environnement, un travail passionnant qui a du sens, une famille, un mode de vie à découvrir de façon intime, être nourri et logé sans se soucier du lendemain …

Eniko et sa famille, chez qui nous avons passé un mois et demi fin 2018 (cf https://auraysydneyavelo.ouvaton.org/wwoofing-en-hongrie/ ), ont gardé nos vélos et affaires à l’abri, le temps de notre retour en France à Noel.
Toujours aussi généreux, ils nous accueillent 2 jours le temps d’apprêter nos vélos, de préparer nos affaires, de nous remettre un peu en état et d’attendre que le dimanche ultra froid et venteux (un des seuls de cet hiver bien trop chaud pour la saison) passe.
À l’occasion d’un voyage à Szeged en voiture ils apportent même le plus gros de nos affaires jusqu’à la ferme où nous nous rendons maintenant !
Car même un peu malades et sans entrainement, par simplicité, nous souhaitons faire les 65 km d’une traite, sans avoir à dormir en route.

25 Février – 8 Avril : Birka Farm (la « Ferme aux Moutons »)

Le lundi, nous pédalons les 65 km qui séparent les deux fermes sans problème. Nous arrivons même à faire les 2 derniers kilomètres de sable, de jour, sans l’aide d’un tracteur ! Quel soulagement ! Nous retrouvons immédiatement nos marques dans cette ferme et avec cette famille avec lesquelles nous avons déjà travaillé 10 jours à la fin de l’automne (cf. https://auraysydneyavelo.ouvaton.org/wwoofing-en-hongrie/ ).

La ferme est si belle et si paisible au milieu des bois et des champs de sable, sans clôtures ni limites autres que celles pour les animaux (une centaine de moutons plus leurs agneaux, 2 ânes, 2 chèvres, 5 vaches …).

Avec tous les chiens, les chats, les poules et coqs en liberté, les clôtures qu’Auriane peut franchir seule (avec un peu d’entraînement), c’est un environnement DE RÊVE pour notre bébé … De plus tout est fait à la main : chauffe de la maison, de l’eau, du pain et du dîner au bois, énormément de travail manuel et artisanal pour nourrir et abreuver les animaux … Donc cela donne bien des sujets de découvertes et

d’activités manuelles, sensorielles et corporelles pour Auriane !

Couper et ramasser le bois dans les bois, fendre le bois ou le couper à scie a ruban, le ranger, préparer des fagots, faire le feu, jeter la cendre, nettoyer les poêles et les fours, nettoyer et couper des betteraves abîmées de l’an passé pour les moutons, donner le foin à la fourche et dans la charrette à bras, ramasser au râteau les restes, remplir des seaux d’eau à la main à partir de réservoirs ou au tuyau, verser et nettoyer les grains, nourrir certains agneaux au biberon, ramener les animaux « égarés » (moutons, chèvres, vaches enfuis, agneaux à ramener …), glaner les œufs partout sur le terrain (les poules dorment toutes dans les arbres),

débiter des arbres des bois pour en faire des planches et en faire de nouvelles barrières, ramasser, trier et ranger des tuiles d’une ancienne étable effondrée sous le poids d’un arbre tombé à cause du poids de la neige il y a quelques années, sortir et trier un tas de vieux outils et matériaux, réparer des outils, engins, transporter …

Sans compter les découvertes naturelles de la vie en plein air : découverte du nid d’hivernage (ou hibernage ?) d’un hérisson, de crapauds, escargots, cloportes, mille-pattes, nids de guêpes, percussions et trous des pics épeiche observes dans les branches mortes par terre, lièvres, chevreuils, printemps des oiseaux …

Avec les animaux de la ferme, la saison est aussi propice à des découvertes et expériences de taille pour Auriane (et nous) : naissance de dizaines d’agneaux dont 1 par semi-césarienne, allaitement, relations entre agneaux, et aussi décès. Sur une centaine de moutons et presque autant d’agneaux il y à forcement des décès.

C’est l’occasion d’observer et parler avec Auriane du cycle de la Vie : les (rares) agneaux morts sont enterrés au loin mais souvent déterrés après quelques jours par les chiens.
La famille préfère que les chiens ne mangent pas les agneaux frais afin de ne pas les habituer a l’odeur du sang frais pour ne pas les tenter d’attaquer les moutons. Sans complexe il nous est arrivé de retrouver une patte de mouton ou un agneau en train d’être dévoré par des centaines d’asticots, qui eux-mêmes seront mangés par des oiseaux ou je ne sais quel mammifère.
La Vie est ainsi faite de naissances et de morts, c’est un cycle !
Malgré la tristesse de perdre un être cher, on ne peut que se réjouir que la nature soit si magnifiquement équilibrée de façon globale.

Plus généralement toute la ferme et son environnement est un endroit idéal pour qu’Auriane continue à se relier à la Vie qui est en elle et autour d’elle : depuis sa naissance elle s’est d’abord reliée naturellement à son corps par l’Hygiène Naturelle Infantile, au corps de sa maman par l’allaitement, à nos corps par la nudité, puis aux points communs et différences avec les autres mammifères et animaux : élimination, allaitement, mâle/femelle, peau, pattes, alimentation, etc etc, et les végétaux qui naissent qui vivent qui meurent qui servent d’aliments et d’habitats aux autres … « Cours de biologie observationnelle » à 2 ans et demi, la Vie quoi !

Seul point noir sur le tableau, et de taille : une distribution du travail « à l’ancienne » pour les adultes, avec les femmes à la maison et les hommes dehors. À la longue, insupportable pour Isabelle qui apprécie tant être dehors et pouvoir partager la nature (observations et activités) avec Auriane.
Martin et Annatina, le couple d’accueil, a accepté d’assouplir un peu son fonctionnement et a rendu la répartition finale des taches très acceptable.
Avec tout le travail quotidien (feux, ménage, organisations pour l’eau …) en plus du travail de ferme, les journées étaient très fatigantes mais particulièrement enrichissantes à vivre sur du court terme.

Nous avons profité de nos journées hebdomadaires de pause (une par semaine) pour dormir, retourner à des bains thermaux, revoir une amie espérantophone hongroise rencontrée deux fois en Bretagne et participer avec elle à l’Assemblée Générale de la Fédération Espéranto Bretonne par skype avec son téléphone, passer un merveilleux week-end de complète détente (eau chaude au robinet, pas de feu ni de cuisine ni de ménage à faire, électricité la nuit, lit 2 places, pas de vélo sur sable, pas de sable du tout d’ailleurs …) prés du Danube et d’une zone naturelle protégée chez les deux jeunes femmes rencontrées a Budapest, rédaction de deux lettres et quelques notes sur carnet, et préparation de nos bagages pour repartir en voyage !

Une tranche de vie bien remplie et des expériences profondes qui resteront profondément ancrée dans nos corps, nos cœurs et nos esprits.

9 avril – fin avril : Retour a Pottyos Tanya (la « ferme des pois »)

Nous retournons ensuite à la « ferme nouvelle » près de Csongrad pour aider à construire une phyto-epuration. Pour ces 65km, la durée du jour est beaucoup plus longue qu’à l’aller, et plus chaude, donc plus tranquille.
Nous éprouvons un certain soulagement à pouvoir nous reposer dans le confort assuré par l’électricité « à volonté » et par le temps dégagé par la même occasion.
Moins de nature et de « choses qui traînent » pour Auriane mais d’autres plaisirs, comme le trampoline et les acrobaties !
Et des travaux varies comme l’égrainage de la lavande, la restauration de grands bacs de plantation, la transformation des arbres élagués en BRF, la protection des arbres fruitiers par la peinture à la chaux de leurs pieds, le désherbage des fraisiers, la transplantation de géraniums, le ramassage d’ordures dans les bois organisé par l’association des chasseurs de Zoli (le mari), la cueillette d’ail des ours … Et les parents de Damien nous rejoignent, presque par surprise, pour une petite semaine partagée entre visites (écomusée historique d’Opustazer, passionnant), travaux, et du temps entre Auriane et ses grands-parents ! Ils rapportent en France quelques-unes de nos affaires d’hiver dans leurs bagages dans l’avion …

Rien n’est encore prévu pour le départ collectif début mai (nous sommes le 18 avril).
Le temps manque toujours un peu / beaucoup pour garder les notes de voyage à jour et pour préparer l’avenir, mais au moins nous ne nous mettons pas de pression, tout va bien et nous ferons au mieux ! 🙂
Nous renverrons peut-être de nos nouvelles une fois arrives au bord de la Mer Noire en Roumanie, où vous êtes les bienvenus pour nous rejoindre autour de fin juin début juillet avant que nous ne gagnons la Géorgie à la voile ! 🙂 et passions l’hiver prochain vers l’Azerbaïdjan (et la France) …

Belle vie a vous aussi !