Inspirations

Depuis la lecture du magnifique livre « Le Chercheur d’or » de Le Clézio au collège, je rêvais d’accoucher, un jour peut-être, suspendue aux plus basses branches d’un arbre, sous les étoiles ou la lune, sur une colline face à la mer, seule ou presque avec le papa.

Mon amour pour la nature, mon besoin profond de « retour aux sources » et mon attirance pour le vivant et l’instinct m’ont aussi poussé dans cette voie. Avec tristesse je connaissais mal mon corps mais souhaitais le connaitre mieux et croyais en la puissance de la vie qui nous anime et dont le premier principe est de se reproduire.

Les films « Le premier cri » de Gilles de Maistre et « Bébés » d’Alain Chabat m’ont permis d’en savoir plus sur le sujet.

Au début de ma grossesse, une amie m’a recommandé le livre d’Isabelle Brabant « Vivre sa grossesse et son accouchement, une naissance heureuse ». Quelle belle recommandation ! J’ai aussi été accompagnée dès ce moment moralement et physiquement par Kristell, infirmière qui a elle-même accouchée chez elle et souhaite devenir doula.

 

La difficulté pour une sage-femme d’accompagner un accouchement à domicile

Puis après 2 mois de recherche intense j’ai enfin trouvé avec bonheur la sage-femme qui m’accompagnerait pendant la grossesse, la naissance et encore quelques temps après la naissance. Je ne regrette pas mes recherches, j’ai trouvé une perle, Sarah Madeline de St Nazaire !   🙂

Les sages-femmes pratiquant ainsi un accompagnement global doivent payer leur propre assurance pour accompagner les accouchements à domicile alors qu’un accouchement à domicile (AAD) coûte beaucoup moins cher au total qu’un accouchement à l’hôpital. Contrairement aux obstétriciens elles ne sont pas pour cela aidées par la sécurité sociale et vus les tarifs prohibitifs des assureurs ignorants de la sécurité de la pratique, l’assurance constituerait plus ou moins tout leur salaire ! C’est donc par solidarité pour les femmes, les familles et la vie en général qu’elles acceptent de courir le risque. Des collectifs de citoyens et de familles les soutiennent moralement mais c’est insuffisant en France.

 

La grossesse et la naissance

Mois après mois nous avons vu mon ventre s’arrondir, entendu les premiers battements de coeur, senti les premiers coups de pieds … Quelles émotions ! Puis j’ai lu de premières histoires en Esperanto, comme celle du Petit Prince, dansé sur un peu de belle musique … Pas d’analyses « au cas où », d’échographies radios sur bébé ni aucun acte médical que nous n’ayons jugées absolument indispensable. Du coup, pas de temps ni d’argent perdus dans les transports, pas d’attention détournée ie portée ailleurs que dans la connexion directe et bien présente avec bébé … En revanche une petite lettre d’intention de naissance, où je synthétise comme les idées me viennent -à partir de mes lectures et réflexions- ce que je souhaite comme naissance si je devais accoucher à l’hôpital.

Puis après diverses péripéties, lorsqu’enfin nous étions prêts à accueillir Auriane, j’ai perdu des eaux un peu trop visqueuses malheureusement pour un accouchement chez Céline la doula ! Du coup plan B, direction la salle nature de l’hôpital de Redon. Je n’ai du coup pas bénéficié du petit cocon parfait tant attendu et ai du souffrir peut-être 1h30 en voiture, mais la salle nature était tout de même très agréable (grand lit comme à la maison, tissus suspendus, bain, aucun matériel médical apparent …) et au final le travail était visiblement bien avancé puisqu’ensuite Auriane et moi « nous sommes retrouvées » en 6h malgré une épaule naturellement un peu coincée …

Aïe aïe aïe ça fait mal d’accoucher !! Mais pas à un seul moment ne m’a traversé l’idée de demander une péridurale ou autre. D’abord dans la baignoire la chaleur des mains de Sarah et de Damien et de l’eau chaude sur le bassin, puis debout bien ancrée dans le sol les genoux pliés, les mains enfoncées dans les cuisses en demandant (hum … CRIANT DU FOND DES ENTRAILLES !) à Auriane de sortir et surtout à mon bassin de s’ouvrir, et enfin à quatre pattes sur le confortable lit avec Damien devant et Sarah derrière à me tamponner avec de l’eau chaude ce qui a permis à ma peau de ne pas se déchirer.

Et puis à 19h … « OH UN BEBE » !!!  XD   Non non bien sûr on ne coupe pas le cordon tout de suite, attendons au moins qu’il sèche un peu, et puis ensuite on verra … Retrouvailles tranquilles avec bébé tout de suite en tétée et en peau à peau, sans bain, sans pesée … 🙂  Et puis vite vite le lendemain matin après une lettre de dérogation validée au préalable nous sortons avant la visite du pédiatre, pas touche à mon bébé !

Quel bonheur d’aller puiser dans ses ressources bien loin à l’intérieur … Même quand c’est dur, même quand ça fait mal. C’est tout ça la vie. Quel bonheur de se sentir bien vivants, conscients, présents, volontaires et responsables, de choisir ensemble en toute conscience de notre vie de famille.

 

La suite : allaitement, portage, accueil …

Ensuite un très grand merci à Céline la doula pour nous avoir aidés dans des moments si difficiles ! Un immense merci à Nathalie Colfort de nous avoir si merveilleusement nourris à tous points de vue les difficiles premières semaines ! A Kristell et Aurore pour leurs visites si importantes ! Et un immense merci aussi à Perle de Parents Breizh de m’avoir fait goûter peut-être au plus grand moment de bonheur de ma vie avec la tétée goulue d’Auriane ! Puis à Christine et Luna Oréa Iris, la grande soeur du ciel d’Auriane Iroise …